Nouvelle Zelande

NOUVELLE-ZÉLANDE

Population : 3 millions 811 mille d’habitants.
Densité : Sur l'île du Nord : 2 2884 900 hab. (environ 75 %)
Sur l'île du Sud : 926 100 hab. (environ 25 %)
Superficie : 270 534 km2.
Religions : anglicans 24%, autres protestants 28%, catholiques 15%.
Capitale : Wellington.
Langue : anglais et le maori.
Monnaie : dollars néo-zélandais.
Nature de l'État : Monarchie Constitutionnelle.
Chef de l’État : Élisabeth II d’Angleterre.
Premier ministre : Helen Clark.
Groupes ethniques : Européens/Pakehas 79,62%, Maoris : 14,5%, Îles du Pacifique : 5,6%, Chinois 2,2%, Indiens 1,2%.

Dimanche 1er juin 2003 : CHRISTCHURCH - Canterbury - Île du Sud (Nouvelle-Zélande)

Un dernier sac à boucler avant de prendre la navette de 8:00 pour mon avion de 11:15. Maintenant, je commence à être bien rodée… pour m’envoyer en l’air.
4 heures de vol, nous atterrissons à 17:20 à Christchurch… Et oui, il y a encore deux heures de décalage et, ici, c’est déjà la nuit. Je récupère mes bagages, me dirige vers le "change" pour tout de suite repérer les équivalences : 100 dollars US = 160 dollars NZ (tiens ! j’en ai un peu plus qu’en Australie) avant d’attendre gentiment un bus qui me ramène sur le centre ville (l’aéroport est à environ 10 km). Il n’y a plus un chat à la ronde, au bout d’une demi-heure, une navette arrive enfin. Une demi-heure plus tard, elle me dépose à 500 m de la première auberge.

Un petit réverbère éclaire le croisement, puis plus rien. Heureusement que j’ai une lampe de poche avec moi et une carte, j’arrive enfin dans une auberge. Ce n’est pas celle où je voulais aller, mais elle est très bien malgré tout (18 dollars la nuit). Je m’installe dans le dortoir où trois filles sont déjà arrivées avant de redescendre dîner. Pour une fois, je vais profiter de leur restaurant. 12 dollars un repas complet, boisson, café et dessert compris, il n’y a rien à dire et c’est excellent en plus. Une fois bien calée, je descends l’artère principale de la ville en repérage et à la recherche d’un cybercafé.

La température a nettement baissé, je presse le pas pour essayer de me réchauffer. Le long des quais s’alignent restaurants et cafés branchés, je remonte la grande rue piétonne où se succèdent boutiques de prêt à porter et magasins de sports, là, ça m’intéresse car je commence à être gelé. Christchurch m’apparaît très sympathique, il émane de ses vieilles bâtisses de pierres une impression de sécurité. Je trouve enfin mon cybercafé où je vais rester 3 heures. Il est 22:30, lorsque je retourne à l’hôtel. Je suis obligée de dormir dans mon sac de couchage, car draps et couvertures sont en option.


Cathédrale Christchurch

Lundi 2 juin 2003 : CHRISTCHURCH - Canterbury - Île du Sud (Nouvelle-Zélande)

Heureusement que ma voisine a fait du bruit, car il est déjà 8:00 et le petit déjeuner est servi jusqu’à 9:00. Pour 7 dollars, il est très copieux. Je vais me plier à leurs horaires : deux repas par jour à 8 heures du matin et à 18 heures le soir. 10:00, je remonte la rue à la recherche de vêtements chauds (mais très légers) et d’une location de voiture.

Christchurch fait très British avec sa cathédrale et ses espaces verts en plein centre. Dans les rues, je croise une population plutôt jeune et cosmopolite. Sur le parvis de Cathédrale Square, le Wisard, étrange personnage, harangue la foule, encouragé par les applaudissements et les rires des passants… Par contre : Ô surprise ! la majorité des boutiques ainsi que toutes les banques sont fermées. J’apprends qu’aujourd’hui, c’est un jour férié en l’honneur de la Reine (ou de la Princesse) d’Angleterre.

Je me consacre à la recherche d’un loueur de voitures. À environ 1 km de l’hôtel, je trouve un bureau de location ouvert, tenu par un monsieur d’un certain âge. Il me propose une voiture pour demain matin, 40 dollars/jour tout compris pour 3 semaines, kilométrage illimité, avec changement entre Picton et Wellington. Je mets une option sur cette proposition, jusqu’à demain matin, avant de continuer ma balade sur les bords d'Avon River et rejoindre le Botanic Garden.


Tramway Christchurch

Mardi 3 juin 2003 : TIMARU - Canterbury - Île du Sud (Nouvelle-Zélande)

8:00, je remonte les rues à la recherche d’autres loueurs de voiture, car il faut que je donne ma réponse ce matin. J’ai des "doc." entre les mains, avec des propositions très attractives. Pour l’une, au tarif, il faut rajouter les kilomètres et pour l’autre, il faut ramener le véhicule au point de départ. Les autres loueurs sont tous installés sur l’aéroport. Je vais accepter l’offre du papy en essayant de négocier encore. Au pas de course, je retourne à l’hôtel pour l’appeler, il est 10:30. Il se propose de venir me chercher directement. La voiture est belle et confortable, mais elle a quelques kilomètres, je saute sur l’occasion pour gratter 5 dollars/jour. Il accepte : nous signons le contrat.
11:30, au volant de ma belle voiture, je tente une sortie de ville à l’heure de pointe… c’est une automatique et ici, la conduite est à gauche. Après plusieurs demi-tours, je trouve enfin la SH 75, Ouf !… qui m’emmène direction Banks Peninsula.

Banks Peninsula est une sorte d’ex-croissance, formée par l’éruption de deux volcans, dont les cratères sont aujourd’hui occupés par Lyttleton Harbour et Akaroa. Je longe le lac Ellesmere, l’un des plus grands lacs de Nouvelle-Zélande, mais qui ne dépasse pas deux mètres de profondeur. La route va jusqu’au sommet de Hilltop d’où je peux admirer une superbe vue sur toute la baie d’Akaroa. Quelques rayons de soleil tentent de se glisser entre les nuages, mais l’air est très vif. Cette région est l’une des seules à avoir été occupée par les français, elle s’appelle d’ailleurs French Bay. Nichée dans un cadre extraordinaire, la petite ville d’Akaroa est très pittoresque, la majorité de ses noms de rues et d’établissements sont français : L’Hôtel des Pêcheurs, le Restaurant de la Mer, le Restaurant Eiffel… Je poursuis par la Summit Road (la route du sommet) qui m’emmène à Lyttelton, port qui dessert Christchurch. Il est 17:00, je stationne dans la rue principale dégustant mon Hamburger Fish. J’ai encore trois heures de route avant d’arriver à ma première étape : Timaru.


Buisson de Tussock

Après le franchissement du tunnel creusé à travers un cratère volcanique qui rejoint Christchurch, je me retrouve sur la SH1 qui descend le long de la côte Est. Deux petits appels de phares pour me dire que je ne roule pas sur la bonne voie. Un grand coup de flash pour me rappeler que je suis en excès de vitesse (80 km/heure au lieu de 50 km/heure). Ô la la !, ça démarre fort.

Arrivée à Timaru, je suis accueillie, dans une charmante maisonnette, par un vieux monsieur très sympathique qui me propose la chambre d’un de ses enfants pour la nuit. Visiblement, il est heureux d’avoir de la compagnie. Cette maison est son habitation principale où il a vécu avec ses neufs enfants, maintenant, ils sont tous mariés, et il a un nombre impressionnant de petits-enfants…Tant bien que mal, j’essaie de suivre sa conversation, je n’ose plus le couper pour lui faire répéter… Je finis enfin par aller me coucher.


Lac Tekapo

Mercredi 4 juin 2003 : WANAKA - Otago - Île du Sud (Nouvelle-Zélande)

Levée à 5:30 (par erreur : mal lu l’heure à ma montre), à 7:00, mon sac est fait, je n’ai plus qu’à mettre la clé dans la serrure de la voiture et partir. Mais voilà…, à peine ai-je mis la clé dans la serrure que je me retrouve avec une moitié…de clé. Je retourne dans la maison où une des filles du proprio déjeune. Me voyant dans l’embarras, elle se charge d’appeler l’agence de location, l’assistance etc… et m’annonce que je dois payer le dépannage et la nouvelle clé. On me remboursera les frais par la suite. Vous vous imaginez ma tête… et la montée d’adrénaline. 10:00, je quitte enfin Timaru… en grande forme... direction Tekapo, petit village situé à 700 m d’altitude au bord d’un lac du même nom.

Midi, j’arrive à proximité de Tekapo, l’eau du lac a la couleur turquoise. Cette couleur étonnante est due à de fines particules de roches en suspension dans l’eau qui proviennent de l’action des glaciers. En bordure du lac, une jolie chapelle en pierres, et tout proche, une statue qui rend hommage au travail et à l’aide d’un chien de berger.


Chapelle du Lac Tekapo

La route traverse des montagnes recouvertes de tussoks (buissons d’épineux à fruits rouges). Le paysage est désertique et magnifique. De l’autre côté d’un petit col, je découvre le lac Pukaki et, en arrière plan le Mont Cook, le plus haut sommet de la Nouvelle-Zélande. Le lac est alimenté par la rivière Tasman qui descend des glaciers. Il a la même couleur que le lac Tekapo. Je contourne le lac pour arriver au pied du Mont Cook dans le village qui porte son nom. Le ciel s’est couvert à nouveau, le village m’apparaît froid et sans vie, sans âme, triste, il est gris, il se confond dans son environnement, il ne m’inspire pas, je préfère continuer sur Twizel…Mais, ce n'est pas mieux, le village ne m’inspire pas non plus, trop touristique, je continue… Omarama… Tout à coup, dans la prairie longeant la route, une locomotive à vapeur et un hélicoptère la survolant, je m'arrête immédiatement, pour assister à la scène et prendre des photos du tournage du film.

Tout en grignotant mes sandwichs achetés ce matin à Timaru, il est 18:00 lorsque j’arrive à Wanaka. Il fait très froid, la nuit est noire. Je me réfugie dans la salle à manger de l’auberge backpackers, où se sont donnés rendez-vous tous les babas-cool du coin…


Locomotive entre Wanaka et Te Anau

Jeudi 5 juin 2003 : TE-ANOU - Southland - Île du sud (Nouvelle-Zélande)

Il fait froid ce matin, je suis les conseils, je m’habille par couches. Un petit déjeuner dans un café du coin et je grimpe au Mont Iron. Une demi-heure de marche pour 540 m de déniveler, arrivée au sommet, je bénéficie d’une vue panoramique sur Wanaka, le lac Wanaka et les montagnes… des Alpes. Et oui ! cette chaîne de montagnes qui traverse l’île du Sud s’appelle les Alpes…

Je redescends sur Wanaka, petite ville pleine de charme qui a des allures de petit village. Elle propose une multitude d’activités… si on a beaucoup de dollars. Je me contente de poursuivre ma balade le long du lac. Les couleurs sont splendides, lumineuses, le soleil est au rendez-vous, je me régale les yeux.

12:00, je prends la direction de Te-Anau dans le Fiordland National Parc. 70 km de virages, avec un paysage superbe, je passe à proximité de Queenstown, une ville très en mode, mais qui ne m’intéresse pas trop. Cette route, c’est la route la plus haute de la Nouvelle-Zélande, 1171 m d’altitude. Après Queenstown, il me reste encore 170 km pour rejoindre Te-Anau. C’est déjà la nuit quand j’arrive enfin, il est 17:00. Plus je descends vers le Sud, plus les journées se raccourcissent. Je m’installe dans une auberge backpackers au bord du lac. Ce coup-ci, je me retrouve dans un petit studio avec trois filles.


Lac Pukaki

Vendredi 6 juin 2003 : MILFORD SOUND - Southland - Île du sud (Nouvelle-Zélande)

Un gros nuage est posé sur Te-Anou. Je suis en face du lac et je ne le vois pas. Direction Visitor Center (Syndicat d'Initiative) pour organiser mon séjour au mieux. La fille de l’accueil n’a pas la patience de parler lentement pour m’expliquer, elle me plante devant une pile de doc. à lire…(en anglais). Le mieux, c’est de filer directement à Milford Sound.

La route est magnifique, je vais jusqu’au bout du monde... Milford Sound est le village (si on peut appeler village) le plus au sud de la Nouvelle-Zélande… Après, c’est le Pôle Sud.

Je longe le lac jusqu’à Te-Anau Down, passe à proximité de Mirror Lakes, de petits étangs offrent de superbes reflets du paysage environnant. Je descends le tunnel Homer, particulièrement stressant, ce tunnel est étroit et très sombre avec une inclinaison de dix pour cent et long de 1200 mètres. Après une vingtaine de kilomètres, j’arrive à Milford Sound, un port, un parking, un "Visitor Center", un bar-tabac-café-snack, un hôtel (fermé) et un kilomètre plus haut, un refuge … et voilà tout. Je réserve un tour en bateau pour demain midi, en croisant les doigts pour que le temps soit meilleur, avant de retenir une nuit au refuge. Ici, c’est vraiment le trou… chacun est dans son coin à lire, à écrire où à jouer aux cartes et à 15:30, c’est déjà la nuit.


Milford Sound

Samedi 7 juin 2003 : TE ANOU - Southland - Île du sud (Nouvelle-Zélande)

8:00, c’est encore la nuit. En attendant de prendre le bateau, je refais la route en sens inverse jusqu’au tunnel Homer, à l’affût du moindre petit rayon de soleil et prendre quelques photos. Je fais une halte sur un site qui s’appelle The Chasm où la rivière Cleddaw se jette dans un gouffre étroit de 22 m de profondeur. Pour rejoindre la rivière, je marche le long d’un sentier qui s’enfonce dans une forêt tropicale dense comme une jungle, où vignes vierges, lianes, plantes grimpantes et fougères se sont développées.

Après cette marche matinale, je retourne au port pour une promenade le long de la falaise, où Bowen Falls Walk, une énorme cascade, descend de la montagne. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages… 12:30, nous embarquons sur un gros voilier pour deux heures trente de balade. Autour du bateau, des dauphins font des cabrioles, plus loin une otarie se prélasse sur un rocher… Le paysage est étrange… Arrivé à l'embouchure de la mer de Tasma, le bateau hisse les voiles. Les nuages sont bas, la mer est houleuse et la pluie dégringole sur nos têtes. Nous ne sommes plus que deux sur le pont à nous en mettre plein les yeux. - Le parc National de Fiordland est l’un des endroits les plus pluvieux au monde, Milford Sound reçoit environ plus de 6000 mm de pluie par an.-. 16:00 je rentre à Te-Anau pour passer une nuit bien au chaud.


En voilier – Milford Sound

Dimanche 8 juin 2003 : TE-ANOU - Southland - Île du sud (Nouvelle-Zélande)

À enfin de l’imprévu !
Ce matin, alors que je me prépare à quitter Te-Anau pour Queenstown, je croise dans la cuisine de l’auberge, un grand jeune homme couleur café au lait (ça tombe bien) Humour du matin ! Je lui dis : " Bonjour !" Il se retourne surpris :" Bonjour ? Vous êtes française ?" "Oui, et vous ?" "Moi aussi." Et la conversation est engagée. "Comment tu t’appelles ?" "D’où viens-tu ?" "Qu’est ce que tu fais ?" "Où tu vas ?" "Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ?" "Et si on allait faire le Milford Track ?" "Ben oui…"


Oiseau sauteur

11:00, Nicolas, 25 ans, réunionnais, qui fait également le tour du monde, et moi, sommes au Visitor Center, devant la "miss" de l’autre jour (celle qui m’a planté devant les doc.) pour prendre les infos pour ce trek de 4 jours. Il paraît que c’est la randonnée la plus réputée de la Nouvelle-Zélande : 54 km le long de somptueux paysages du Fiordland National Park. Elle nous annonce que pour pouvoir faire ce trek, il faut être au moins quatre, sinon, elle ne peut pas prendre la réservation. Elle nous conseille d’aller voir directement les responsables. Aussitôt dit, aussitôt fait. Alors que nous sommes en train d’expliquer notre cas à la réception, un couple d’espagnol arrive, ils veulent faire cette rando. C’est ok, nous partons demain matin.

Pour réduire le coût du transport, c’est-à-dire 40 dollars par personne, nous laisserons un véhicule au point d’arrivée. Nicolas se propose pour laisser sa voiture à Milford Sound alors que les Espagnols se chargent de nous récupérer après avoir laissé la voiture de Nico là-bas (Est-ce-que vous avez compris ? Non ? Tant pis.).

Nous passons l’après-midi à faire nos navettes, car Milford Sound, c’est à 176 km de Te-Anau. À notre retour, nous nous chargeons de faire nos courses pour trois jours (car nous avons décidé de faire ce trek sur trois jours et non sur quatre), de louer le matériel manquant (réchaud à gaz, gamelle, radio…) et de préparer nos sacs pour demain matin : 8:00.


Départ du Trek

Lundi 9 juin 2003 : MILFORD TRACK (1er jour) - 23 km /7 heures 30 de marche
Fiordland National Park - Southland - Île du sud (Nouvelle-Zélande)

8:15, le minibus est devant la porte de l’hôtel et nous attend.
Au volant, Popeye, derrière lui, Suzana et Alejo (Espagnols) et un autre gars que nous avons rencontré hier soir, Cristian (sans h) (Roumain), puis d’autres têtes que nous découvrons et qui vont faire le track avec nous : Iros (Irlandais), Michèle (Hollandaise), Chris (Anglais). Quelques kilomètres plus loin nous récupérons Iven (Allemand) et Louise (Anglaise)… Tiens y en manque deux ???? À oui, nous, Nicolas (Réunionnais), et moi (la Française)… voilà l’équipe est au complet.

Popeye nous conduit jusqu’à Te-Anau Down où nous embarquons sur un petit bateau à moteur pour rejoindre Glade Warf, la pointe du Lake Te-Anau. Une demi-heure de traversée, l’air est vif, nous sommes tous gelés… Après nous avoir déposé avec nos sacs sur la berge, Popeye repart sur Te-Anau.

Il est 10:45, lorsque nous attaquons nos premiers kilomètres de marche. Un premier pont suspendu, le groupe se disloque, chacun prend sa vitesse de croisière. Je marche en compagnie de Nicolas qui aime également la photo. Les premiers kilomètres sont très faciles, le terrain est pratiquement plat, nous longeons la rive de Clinton River faisant une halte presque tous les 300 m pour faire une photo. Une heure et demie plus tard, nous arrivons à Clinton Hut.

Le sentier commence à grimper tout doucement. Sur nos épaules, le poid de nos sacs se fait sentir. Entre mon sac à dos et celui pour le matériel de photos, je porte plus de 14 kg. Le sac de Nicolas ? je n’arrive même pas à le soulever, tellement il est chargé. On peut dire qu’il a assuré.


Mackinson Pass

Nous remontons le long de Clinton River jusqu’à sa source, traversant la Rainforest. L’humidité est extrême : les arbres, les rochers, le sol, tout est recouvert d’une mousse d'un vert éclatant. Sur notre droite, le lac Mintaro, nous sommes au pied de Mackinnon Pass et nous arrivons à Bus Stop - non ce n’est pas un abri de bus, mais c’est un point de ralliement pour venir nous récupérer en cas de danger sur la zone (crue soudaine de la rivière, par exemple). Il est maintenant 14:00, le sentier est de plus en plus escarpé et l’ascension devient plus raide. Il nous reste peu de kilomètres avant d’atteindre notre premier point de vue sur Mackinnon Pass et Pompelone Ice Field (le glacier). Le temps est superbe, la montagne est resplendissante de beauté. Nous ne savons plus où mettre les yeux, on a envie de tout prendre en photo, mais l’heure tourne, il faut avancer.

Nous venons de passer le premier col et nous redescendons sur Swinbridge. Autour de nous, le paysage se transforme, les arbres sont plus petits, la terre est plus aride. Il est déjà 17:00, la nuit nous enveloppe tout doucement. Nous sommes les derniers, il y a longtemps que tout le monde nous a dépassé. Une heure plus tard, nous arrivons à Mintaro Hutt.

C’est un refuge très rudimentaire. Un toit et des matelas pour dormir, une table, des bancs et une cheminée. Iven, Cristian et Iros tentent de faire un feu dans le gros poêle, mais l’humidité est telle qu’ils n’y arrivent pas. Nous essayons de nous réchauffer avec nos camping-gaz tout en préparant notre dîner. Une dizaine de bougies éclairent la grande table en bois où nous sommes rassemblés. Certains roucoulent dans leur coin (les veinards), d’autres font des expériences avec une bouteille de gaz alors que d’autres racontent de bonnes histoires… en anglais. Et moi, emmitouflée jusqu’aux oreilles, je regarde la flamme qui dense sous mes yeux… et je rêve… Une heure plus tard, je m’éclipse discrètement pour aller faire mon nid quelque part. Dans la petite pièce d’à côté, je tente de colmater avec des matelas tous les issus où l’air froid passe et je m’installe. Bientôt, à l’étage, tout le monde a fait son nid… et c’est le silence .


MH-Mackinson Pass

Mardi 10 juin 2003 : MILFORD TRACK (2e jour) - 15 km /6 heures de marche
Fiordland National Park - Southland - Île du sud (Nouvelle-Zélande)

9:00, levée après Cristian, je déjeune d’un biscuit aux céréales et d’abricots secs avant d’aller me laver le bout du nez. Nicolas apparaît à son tour et petit à petit, tout le monde est debout. Un film blanc recouvre les arbres et les prés, il a gelé cette nuit. Cristian part le premier, cinq minutes plus tard, c’est mon tour, Nicolas ne tarde pas à me rattraper avec Michelle et Iros. Le sentier grimpe de plus en plus en zigzag, bientôt nous surplombons notre refuge de ce matin. La température baisse également. Au bout de deux heures, nous arrivons devant le Mackinnon Mémorial. D’ici, nous avons une superbe vue sur le Lake Mintaro et le Clinton Canyon. Le vent violent et glacial ralentit notre marche. Autour de nous, le sol est recouvert par une pellicule de glace. Les rochers sont glissants de givre. Il doit faire au moins -10 degrés. Nous avons extrêmement froid. Au sommet du col, nous marchons le dos courbé entre de petits lacs pour rejoindre un refuge bienfaiteur un peu plus bas. Dix minutes d’arrêt le temps de grignoter une barre de céréales avant d'affronter le vent glacial et redescendre sur l’autre versant. Le vent se calme et le soleil nous réchauffe immédiatement. Nous venons de passer le Mackinnon Pass. Devant nous, s’étale le Fiordland National Park… superbe !

La descente est très escarpée, nous sommes obligés d’enjamber des rochers, des troncs d’arbres, autour de nous on voit des traces d’avalanches d’arbres. Mais le soleil est bien là. Nous avons encore huit kilomètres avant d’arriver à Dumpling Hutt. Une halte à Quintin Hut avant de descendre à travers la Rainforest où dégoulinent de superbes cascades comme Sutherland Falls.

16:00, nous arrivons en vue de Dumpling Hutt, notre deuxième étape pour la nuit. Il fait toujours froid mais plus sec. Dans le poêle, Iven a réussi enfin à faire du feu. Le refuge est aussi plus agréable quoique toujours très rudimentaire. Après un dîner rapide à base de légumes déshydratés en ce qui me concerne, nous nous retrouvons, Suzana, Alejo, Cristian, Nicolas et moi autour du poêle, éclairés par quelques bougies, à nous raconter, alors que le reste de l’équipe est dans l’autre pièce en train de faire à nouveau des expériences avec une bouteille de gaz. 20:00, je suis dans les bras de Morphée, le dos cassé et j’en ai pleins les pattes, mais je suis bien.


Milford Trek

Mercredi 11 juin 2003 : MILFORD TRACK (3e jour) - 18 km/6 heures de marche
Fiordland National Park - Southland - Île du Sud (Nouvelle-Zélande)

Ce qui est très étonnant : Les journées étant beaucoup plus courtes, notre organisme s’adapte : couchés à 20:00, nous ne nous réveillons pas avant 8:30 du matin (et encore!) . Quelques photos d’adieu, car deux de la bande Iven et Louise ont décidé de rester un jour de plus pour se balader autour du refuge. Une barre de céréales en guise de petit déjeuner avant de reprendre la route, laissant Nicolas, en train de chercher sa clef de voiture !!!….

Je descends le long du sentier qui borde River Arthur. Au bout d’une petite heure, Nicolas me rattrape, nous nous enfonçons dans la forêt composée de feuillus et de conifères… Nous sommes au cœur du plus grand parc national de Nouvelle-Zélande, inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco. Palmiers, arbres fougères, orchidées et nombreuses fougères, donnent à cette forêt, une apparence subtropicale. L’espèce d’arbres prédominants est le silver beech (hêtre argenté de NZ, le symbole de la NZ). Ses feuilles sont dentelées et sont grosses comme la taille de l’ongle du petit doigt.


Retour à Milford Sound

Bientôt, nous arrivons à proximité de Mackay Falls, une superbe cascade, et de Bell Rock, un rocher étonnant. Nous passons successivement sur plusieurs ponts suspendus avant d’arriver au Lake Ada. Sur notre gauche, un sentier mène à The Giante Gate Falls, une énorme cascade de plusieurs centaines de mètres. Ils nous restent encore une heure et demie avant d’arriver à Sandfly Point, la fin de notre trek.

Nicolas accélère le pas et prend de l’avance sur moi. Il est 16:00, lorsque je rejoins enfin toute l’équipe, au confluent des rivières Arthur et Cleddau. Alors que nous profitons des derniers rayons de soleil pour prendre quelques photos, une otarie fait des cabrioles à quelques mètres de nous. Bientôt, on entend le bruit de moteur du canoë qui vient nous récupérer. Nous ne pouvons monter que trois à la fois. En compagnie de Nicolas et Cristian, je prends la deuxième navette.

Un quart d’heure de traverser pour rejoindre le port de Milford Sound. Une fois arrivés à terre, nous avons un petit problème : Nicolas n’a toujours pas retrouvé ses clefs de voiture pour nous ramener. Nous sommes prêts à toutes les solutions, sauf dormir sur place car il fait déjà très froid. Première solution, négocier avec le chauffeur de la navette qui est venu récupérer nos autres compagnons de voyage. Au bout d’un quart-heure de discussion, nous montons enfin dans la navette conduite par notre ami Popeye. Près de trois heures de trajet pour rejoindre Te-Anau. Je ne suis pas mécontente de ce changement de programme, car la route est recouverte d’une pellicule de neige et de glace... et nous sommes tous très fatigués…, mais heureux.


Lac Nakatipu

Jeudi 12 juin 2003 : WANAKA — Otago - Île du sud (Nouvelle-Zélande)

Bonne nouvelle : Nicolas a retrouvé ses clefs de voiture, dans ma voiture. Maintenant, il doit remonter à Milford Sound pour récupérer sa voiture. Je suis ennuyée pour lui, car il m’est difficile de l’accompagner, il ne me reste peu de temps pour finir mon tour et rejoindre Auckland. J’essaie de compenser différemment en m’occupant de sa lessive avant de reprendre la route.

12:00, le linge est plié, mes affaires sont prêtes, je quitte enfin Te-Anau direction la côte Ouest. Je refais le parcours en sens inverse, The Key, Mossburn, Five Rivers, Athol Kingston, quelques haltes coups de cœur, je longe le Lac Nakatipu… 177 kilomètres avant de bifurquer sur Queenstown. Il est à peine 15:30 et la ville est déjà dans l’ombre. Non, ce ne sera pas encore pour cette fois. Je préfère continuer jusqu’à Wanaka. Au passage, je récupère deux auto-stoppeurs, une jeune fille d’à peine 18 ans, Suisse, accompagnée d’un tout petit bonhomme barbu et chevelu, d’une trentaine d’années natif d’Alaska et faisant également le tour du monde. Il est 17:30 lorsque je les dépose devant une auberge dans le cœur de Wanaka alors que je rejoins celle où j’ai déjà passé une nuit, il y a six jours. À peine arrivée devant la réception, le gérant me reconnaît et m’accueille avec un grand sourire avant de me remettre la clef du même dortoir que la dernière fois. Cela fait plaisir de ne pas être complètement anonyme.


Wanaka

Vendredi 13 juin 2003 : FRANZ JOSEF GLACIER - West Coast - Île du Sud (NZ)

7:30, petit déjeuner en compagnie d’un jeune Allemand. Il est en Nouvelle-Zélande depuis février et se paie son voyage en travaillant comme peintre en bâtiments dans une petite entreprise du coin. Quelques minutes plus tard, un coup de klaxon, c’est son patron…
Avant de prendre la route, je fais une halte à la première station-service pour faire le plein d’essence. Tout en me servant, le pompiste me fait remarquer que j’ai un pneu de crevé (c’est normal, c’est un Vendredi 13). Mais, j’ai malgré tout de la chance, car la station-service est située juste à côté d’une station de montage de pneus…

9:00, je quitte Wanaka. Les paysages sont merveilleusement colorés, des rouilles aux verts sur un fond de ciel bleu profond. Je longe le lac Wanaka puis le lac Hawea avant d’arriver sur Makaro. Plus je m’élève, plus l’air devient vif. Maintenant, quelques ondées m’accompagnent. Je traverse la chaîne de montagnes Aspiring avant d’arriver au sommet du col Haast Pass. De chaque côté de très hautes montagnes, le Mount Brewster (2423 m) et Mount Cameron (1783 m) avant de redescendre et rejoindre le bord de mer.

Déchiquetée par les vents et les marées, la côte est superbe, je roule sur cette bande de terre, entre l’immensité de l’océan et le lac Moeraki… Au bout d’une centaine de kilomètres de route quasiment désertique, je traverse le petit village de Fox Glacier. Un petit détour pour observer de loin la langue glaciaire qui descend presque jusqu’au niveau du village avant de poursuivre sur Franz Josef Glacier.

16:30, je rentre dans le village et m’installe immédiatement dans une auberge dans le centre avant d’aller m’inscrire auprès des guides pour une balade sur le glacier dès demain matin.


Fox glacier

Samedi 14 juin 2003 : PUNAKAIKI - West Coast - Île du Sud (Nouvelle-Zélande)

Rendez-vous à 8:00 au Centre des Guides. Nous sommes une dizaine. L’équipement est fourni : chaussures à crampons, vêtements pour le froid, piolets etc… Un minibus nous emmène à travers la forêt pour nous déposer à proximité du glacier. En file indienne, sur les traces de nos deux guides, nous grimpons durant une bonne heure dans la brume et la pluie qui commence à nous tremper sérieusement. Nous sommes maintenant sur la langue glaciaire, longeant de larges crevasses bleues. Je ne suis pas très rassurée, car malgré les crampons, ça glisse. Arrivé au premier palier, notre guide nous explique que le glacier, quoique son terminal soit fortement en retrait depuis le début du siècle, avance à la vitesse impressionnante de 1 m à 1m 50 par jour !

Le deuxième guide prend le relais pour nous faire descendre les uns après les autres dans un tunnel formé dans la glace et qui s’en va, on ne sait où. J’arrive en sixième position. Au moment de descendre, je fais l’erreur de poser mes fesses sur la glace, car j’ai du mal à atteindre la première marche et là, c’est la glissade… Un grand moment d’émotion pour tout le monde... Heureusement, qu’il y a la corde, les crampons et le guide, car vous alliez devoir attendre le dégel pour me retrouver. Je suis bien contente de sortir enfin de mon trou.

Après cet épisode, tout le monde ayant fait son tour dans la crevasse, nous redescendons du glacier pour nous retrouver une heure plus tard dans le minibus. De retour au Centre des Guides, le temps de me changer et de boire un thé bien chaud et je reprends la route en direction ??? J’hésite encore… Je traverse par Arthur Pass qui se situe à 2400 m d’altitude ou je continue le long de la côte…? Le temps est tellement mauvais… Je continue par la côte.

La route est totalement désertique, les villages se font de plus en plus rares. Il est déjà 18:30, la mer est déchaînée. Il faut que je trouve où je vais passer la nuit… Punakaiki… une auberge sur la plage… ce sera ici.


Blowholes Punakaki

Dimanche 15 juin 2003 : PICTON - Marlborough - Île du Sud (Nouvelle-Zélande)

Dans le dortoir, en compagnie d’une petite japonaise très discrète, je passe une excellente nuit bercée par le grondement de la mer. Dès le lever, je sors de l’hôtel pour rejoindre la plage à quelques mètres. D’énormes vagues grises s’écrasent sur le sable gris laissant sur le passage une écume mousseuse blanche. Sur la plage, de gros troncs d’arbres arrachés au rivage sont échoués. Au loin, se dessinent les Pankakes Rocks.

Je remonte la plage balayée en rafale par un vent violent, le soleil brille timidement avant de rejoindre les Pankakes. Je suis dans le Paparoa National Park. Les Pankakes Rocks sont des roches qui, usées par le temps, le vent et les marées, ont pris la forme de galettes superposées. C’est parmi ces Pankakes Rocks que souffle le Blowhole, un trou, d’où, par marée haute ou fortes vagues, l’eau de la mer jaillit comme un geyser. Le vent est de plus en plus puissant. Je remonte jusqu’à l’entrée du parc pour me balader à travers ces formations pour le moins surprenantes. Deux heures à courir le long de la falaise. J’ai mitraillé de photos tout le parc jusqu’à ce que le ciel devienne complètement noir et que l’orage éclate. Alors là… c’est la tempête. Violentes et impressionnantes, les vagues s’écrasent sur les rochers poursuivant le travail du temps.


Paparoa National Park

Le spectacle est fabuleux. Je ne suis pas pressée de partir, mais il le faut, la route est encore longue jusqu’à Picton… Bientôt, j’arrive à Westport, petite cité, située entre la mer Tasman et la Buller River. J’ai l’impression de rentrer dans une ville de l’Ouest Américain. Il me reste encore 250 km à faire. D’ici une heure, ce sera la nuit, je m’engage sur la route nationale, beaucoup plus rapide.

19:30 je rentre dans Picton. La ville est toute petite. Je me dirige vers le port où sont rassemblées les auberges pour m’installer dans un hôtel de routards. Après avoir déposé mon sac dans le dortoir, je fais le tour de la propriété. Petite maison familiale assez agréable mais… on verra demain.


Couché de soleil Marlborough Sounds

Lundi 16 juin 2003 : PICTON - Marlborough - Île du Sud (Nouvelle-Zélande)

Non, l’hôtel ne me convient pas, pas de clef pour fermer la chambre, pas de casier pour mettre les affaires à l’abri, l’accès aux douches, plutôt compliqué et pas sûr d’avoir de l’eau chaude. Je change d’hôtel pour un YHA.
Après avoir déménagé et réaménagé, je visite Picton. Un tour de ville très rapide, car Picton est vraiment une toute petite ville : une rue principale très commerçante et une rue où les hôtels et restaurants s’étalent le long du port avant de faire une halte dans le musée qui accueille l’épave du navire Edwin Fox. Construit en 1853 en Bengal, le navire Edwin Fox échoua sur la côte de Nouvelle-Zélande en 1873 avec comme cargaison, 259 immigrants anglais.

La visite terminée, je prends la route en direction de Newton en longeant la côte, d’où je pourrai admirer les Sounds. Pour découvrir les Sounds, l’idéal, c’est de faire un trek, mais je suis trop juste en temps car j’ai déjà réservé ma voiture à Wellington pour demain (grosse erreur, car maintenant, je suis ficelée). J’emprunte la route Waikawa Bay qui me mène au Karata Point où j’ai droit à une superbe vue sur le Queen Charlotte Sound et le Port Underwood.

De retour sur Picton, je continue en longeant le rivage jusqu’à Havelock. La route tournicote tout le long, mais elle est sublime. Arrivée à Nelson (nom de l’amiral Lord Nelson), je découvre un climat plus doux et une petite ville très agréable et nettement plus vivante que Picton, je regrette de ne pas avoir passé une nuit ici. Comme toutes les villes de l’île du Sud, les maisons et les immeubles sont en général en bois et très colorés. Je fais quelques emplêtes et j’ai l'excellente idée de faire développer mes photos ici avant de retourner par la même route jusqu’à Picton.

Depuis que je suis en Nouvelle-Zélande, afin de compenser les frais engendrés par une location de voiture, je n’ai pratiquement jamais mangé au restaurant donc, comme à mon habitude, je rentre à l’hôtel pour me faire à dîner. Nous sommes six à nous faire la "popote" chacun dans notre coin. Dans ma chambre-dortoir, j’ai comme compagne, une dame de plus de 70 ans qui semble se gaver de bananes et de gâteaux. Ce n’est pas bon de vieillir.


Mt Ngauruhoe Tangarino

Mardi 17 juin 2003 : WELLINGTON (Capitale) - Île du Nord (Nouvelle-Zélande)

Hier, je vous parlais de ma superbe idée : faire développer mes photos à Newton. Et bien, aujourd’hui, il faut aller les chercher. Départ 7:30 pour Newton, car je dois être rentrer pour midi afin de rendre la voiture et prendre le ferry de 13:15 pour Wellington. L’aller-retour se fait sans souci, le ciel est totalement dégagé, j’en profite pour admirer le paysage. J’arrive juste à temps, pour rendre ma voiture et monté dans le ferry.

Trois heures de traverser que je consacre à noter mes photos et compléter mon carnet de route. Arrivée à Wellington, je cherche sur le quai ma nouvelle voiture : c’est une Mitsubitchi de 7 places, nettement plus récente et plus économique, c’est un diesel, c’est parfait. Le plan de la ville sur le volant, je me faufile dans la circulation dense de l’heure de pointe jusqu’au Youst hôtel du centre ville, sans aucune erreur, je deviens une "pro" du repérage. Une fois installée, devinez où je vais ? Dans un cybercafé pour quatre heures d’internet. C’est un vrai boulot ces textes !


Wai–O–Tapu Thermal

Mercredi 18 juin 2003 : TAUPO - Central Plateau - Île du Nord (Nouvelle-Zélande)

Un tour rapide de la ville, juste pour me rendre compte que c’est vraiment dommage de ne pas s’y arrêter au moins deux jours. Wellington, c’est la deuxième grande ville du pays. Avec son architecture très moderne et ses nombreux immeubles, elle fait très européenne. C’est une ville très vivante, je m’en suis rendue compte hier au soir en rentrant. Elle a également une activité culturelle importante avec de nombreux musées, galeries et parcs…, Mais je n’ai plus le temps, il ne me reste que trois jours pour visiter l'île du Nord.

Je longe la côte par la SH1 en passant par Paraparauma, et poursuis jusqu’à Waiouru. Plus je rentre dans l’île, plus le paysage est vallonné et verdoyant, tondu à ras par les moutons. Arrivée à Waiouru, je fais un détour par Tongariro National Park, dominé par le Mt Ruapehu de 2797 m. C’est un volcan, le plus haut du pays, toujours en activité. La dernière éruption a eu lieu en septembre 1995 puis en juin 1996. Accrochées à ses flancs, des stations de ski : Whahapapa à l’Ouest, Tura au Sud et Tuhino à l’Est. Je monte jusque dans la station de Whahapapa. En principe les stations ouvrent en juin pour fermer en septembre, mais cette année, la neige est en retard, la station n’est pas encore ouverte. Mais franchement, elle ne m’inspire pas du tout.

Arrivée à Turangi, je poursuis ma route en longeant le lac de Taupo, le plus grand lac de la Nouvelle-Zélande, 606 km2, formé à la suite d’une gigantesque explosion volcanique. Lorsque je rentre dans Taupo, de partout, des fumerolles sortent des égouts et des moindres trous. Taupo a une activité thermale très importante, même dans l’hôtel où je m’installe pour la nuit, ça sent le souffre. Je profite qu’il fasse encore jour pour aller voir les chutes du Huka Falls, situées au nord de la ville, dans la Wairkey Valley, à 2 km du centre-ville en direction de Rotorua. Les chutes sont spectaculaires. Du sommet de la passerelle, j’ai une vue fantastique sur la Waikato River qui plonge dans un gouffre étroit de 24 m de profondeur.


Rotorua

Jeudi 19 juin 2003 : ROTORUA - Bay of Plenty - Île du Nord (Nouvelle-Zélande)

Avant de quitter Taupo, je fais de nouveau un détour par les chutes de Huka Falls avant de poursuivre ma route. Plus je remonte vers le Nord, plus la température se radoucit. Forêts de sapins, vergers, s’alternent entre les collines au vert tendre où paissent troupeaux de moutons, de vaches, de biches. C’est une région prospère et agréable à vivre.

Arrivée à une trentaine de kilomètres de Rotorua, je fais une halte à Wai-o-Tapu Thermal Reserve : un site de toute beauté avec d’immenses cratères en ébullition, des piscines d’acides aux somptueuses nuances de couleurs. Ma halte va durer deux heures, j’en profite pour déjeuner sur place avant de continuer.

Toute la région est en ébullition. Rotura est un lieu magique, étrange et singulier. En entrant dans la ville, une intense odeur de souffre plus ou moins agréable emplit l’air… Cela vous rappelle que la terre vit. Rotorua s’étend le long du lac Rotorua, c’est une petite ville paisible avec un arrière-goût de bout du monde. Je gare la voiture sur une aire de stationnement, le temps de faire deux courses, le temps également d’avoir une contravention : là, le charme est rompu. Même au bout du monde, ils ne vous loupent pas.

16:00, j’ai encore le temps de visiter Rainbow Farm Show car j’aimerais bien, enfin, voir un kiwi. Qu’est-ce que c’est qu’un Kiwi ? Un kiwi (nom maori), c’est un oiseau de la grosseur d’une poule, aux plumes très courtes, marrons, avec un long bec pour chercher les insectes sous les feuilles, et sans aile. Il ne sort que la nuit car il est sans défense, et sa seule protection, c’est se cacher dans le noir.

Il a donné son nom au fruit, le kiwi. Ce fruit, importé de chine sous le nom de chinese gooseberry, fut d'abord cultivé en Nouvelle-Zélande. L'appellation kiwi est problablement un surnom qui lui a été donné par allusion à l'oiseau kiwi, symbole de la Nouvelle-Zélande. De ce fait, on surnomme les Néo-Zélandais les kiwis, c’est également l’emblème de la Nouvelle-Zélande. Voilà pour le cours, maintenant où sont les kiwis ?

Après avoir assisté à un show où j’ai pu observer le travail des chiens de bergers, voir une jeune fille à cheval sur le dos d’un taureau et nourrir de mes propres mains un petit agneau, je découvre enfin ce drôle d’oiseau, derrière une cage vitrée, très affairé à chercher sa nourriture lorsque la nuit fût venue.


Couleurs d’automne

Vendredi 20 juin 2003 : AUCKLAND Île du Nord (Nouvelle-Zélande)

Une partie de ma matinée est consacrée à visiter la ville de Rotorua, à faire quelques emplettes, noter mes photos, envoyer colis, laver mon linge avant de partir pour Auckland, ma dernière étape. Le temps est maussade, je prends la direction de la côte Est, traverse Mourea, Te Puke (la région des kiwis : le fruit), Tauranga, Katikati, Mangatarata… Plus j’avance, plus j’ai l’impression de me retrouver en France avec la circulation, les travaux sur les routes. Il n’y a que les paysages qui diffèrent un peu… quoique… en Auvergne.

Arrivée à Auckland, ça bouchonne carrément, c’est Lyon un vendredi soir. Une heure pour rejoindre Auckland City YHA, dans le cœur de la ville. 18:00, je prends le temps de manger mon deuxième sandwich de midi avant de traîner dans les rues. À deux minutes du quartier chinois, la vie est intense, les bars et les pubs sont bondés, les rues "grouillent" de monde, la musique est à fond : une invitation à sortir... Une petite bière avant de rentrer…


Lac Mourea

Samedi 21 juin 2003 : AUCKLAND Île du Nord (Nouvelle-Zélande)

Journée tranquille. Je ramène la voiture au loueur, car ici, la mise en fourrière fonctionne très très bien et je ne souhaite pas tester. J’en profite pour me faire rembourser la clé cassée ainsi que la journée avant de flâner dans les rues. Mon carnet est rangé, aujourd’hui, je ne fais rien, presque rien, mais j’ai quand même mon appareil photo à la main. Au gré du vent et de mes envies, je musarde tout en faisant le point sur mon passage en Nouvelle-Zélande. C'était un véritable marathon, dommage ! J'ai consacré trop peu de temps à la Nouvelle-Zélande. Il y a encore tellement de chose à voir. Demain, j'ai rendez-vous avec le soleil des îles Fiji.


Auckland